L...

L...







Lune, toi qui apparais le jour
Ou toi, soleil, qui la nuit éclaire le ciel
Rayon de chaleur, beauté inattendue
Eglantier au milieu du désert
Lyrisme délicat, bouton de rose sur l'arbuste mort
Et toi, qui as surgit dans mon monde
Insouciante et salvatrice.















"Je voudrais dire ce mot
Celui qui ranime les morts
C
elui qui donne la nouvelle lueur
A la vie, à toute les fleurs.

Je voudrais crier ce mot
E
n toutes les langues du Nord
En tous les dialectes du Sud
En toute l'Afrique imbue.

Je voudrais te le crier
Oui et même aussi prier
P
our que tu comprennes
P
ar delà TOUS les tourments

J
e voudrais te dire
Que je t'aime."


Simaël Mandebo

# Posté le samedi 29 novembre 2008 16:00

Modifié le jeudi 29 octobre 2009 18:37

"Friendship, Love and Jazz"

"Friendship, Love and Jazz"
"A cette soirée Cacolac, à notre future coloc', et à nous, qui sommes les trois seules de la bande à ne pas boire d'alcool et à ne rien fumer."
"C'est le plus long des fous rires
C'est la fontaine aux larmes
Le jardin désespéré
Où l'on n'est jamais seul"

# Posté le samedi 26 septembre 2009 19:38

Modifié le samedi 24 octobre 2009 09:46

Haha.

Haha.
" "Dérilection" est à la solitude morale, ce que "aréoport" est au voyage aérien ou "péripatétipute" est à l'amour tarifé. "

Oui, mais...déréliction, ça fait fourcher la langue, c'est pas agréable à dire...et puis, zut ! Vive les barbarismes.

I.



"La peinture part en lambeaux, les murs jaunes suintent d'humidité, au-délà du deuxième étage la lumière du palier ne marche plus. Avant d'y vivre, il ignorait que la ville pouvait être abandonnée. A ce point déliquescente. Il ne connaissait pas son visage ravagé, ses facades décrépies, ses parfums de déréliction. Il ignorait que la ville pouvait exhaler une telle puanteur et se laisser ronger par petits bouts.
Au quatrième face, il frappe à la porte. Il attend.
Il s'apprête à frapper de nouveau lorsqu'il entend un pas traînant approcher. Au bout de plusieurs minutes, les verrous coulissent.
Dans l'entrebâillement, une vieille femme apparaît. Pliée en deux, les mains agrippées à sa canne, elle l'observe quelques secondes avant d'ouvrir complètement. La transparence de sa chamise de nuit laisse deviner la maigreur de son corps. Elle parvient à peine à tenir sur ses jambes.
A l'intérieur, l'odeur est très forte, à la limite du supportable. Une odeur de vieux, de renfermé, d'ordures. De l'entrée, Thibault distingue l'état de la cuisine. Dans l'évier la vaisselle s'est accumulée, sur le sol gisent une dizaine de sacs poubelles.
La femme le précède, avance à petits pas vers la salle à manger, l'invite à s'asseoir sur une chaise.
-Alors, que se passe-t-il, madame Driesman ?
-Je suis fatiguée, docteur.
-Depuis combien de temps ?
Elle ne répond pas.
Il observe son teint gris, son visage émacié. Elle a posé ses mains sur ses genoux. Soudain Thibault se dit que cette femme va mourir là, devant lui, s'éteindre sans un bruit.
-Fatiguée comment, madame Driesman ?
-Je ne sais pas. Je suis très fatiguée, docteur.

Sa bouche est entièrement rentrée vers l'intérieur, ses lèvres ont disparu.
-Vous n'avez pas de dentier ?
-Il est tombé hier sous le lavabo. Je ne peux pas me baisser.
Thibault se lève, se dirige vers la salle de bains. Il ramasse le dentier per terre, le rince sous le robinet. Le sol est noir de crasse. Sur une étagère il avise un vieux tube de Stéradent. Par chance, il reste un comprimé. Il revient avec le dentier flottant dans un verre qu'il pose devant elle, sur la toile cirée.
-Dans une heure ou deux, vous pourrez le remettre.

Des femmes et des hommes comme Mme Driesman, il en a vu des centaines. Des femmes ou des hommes que la ville abrite sans même le savoir. Qui finissent par mourir chez eux et que l'on découvre quelques semaines plus tard, quand l'odeur est trop forte ou que les vers ont traversé le plancher.
Des hommes ou des femmes qui parfois appellent un médecin, simplement pour voir quelqu'un. Entendre le son d'une voix. Parler quelques minutes.

Au fil des années, il a appris à reconnaître l'isolement. Celui qu'on ne voit pas, caché dans des appartements miteux. Celui dont on ne parle pas. Parce que les Mma Driesman passent parfois des mois sans que personne ne se rente compte qu'elles n'ont même plus la force d'aller chercher leur retraite à la Poste."

Delphine de Vigan, Les heures souterraines (p.208)


Envie de relire l'Assomoir.

# Posté le samedi 14 novembre 2009 09:04

Modifié le samedi 14 novembre 2009 09:44

"Sympathy for...."

Tu es assis à l'arrière de la voiture, dans un demi-sommeil. Ce n'est pas vraiment du sommeil, tu es pleinement conscient, mais tu es déconnecté de ce qui se passe autour de toi. Tu es comme seul dans cette voiture. Pourtant si l'on se place d'un point de vue objectif, ce n'est pas le cas. Sur la nationale, la voiture roule, véloce. Le paysage défile, tu ne vois que de longs traits de lumière blanche, à travers la fenêtre. Mais tout d'un coup, l'image perd son flou, devient fixe. La voiture pile. Tu ignores pourquoi, et cela n'a pas d'importance. Tu peux maintenant voir les pins grandioses et la neige qui tapisse le sol. Il y a sûrement une raison à cet arrêt imprévu du véhicule, on ne s'arrête pas sans raison en pleine route, sur une route où il n'y a personne, personne à des kilomètres à la ronde. Mais tu ignores cette raison, et cela n'a pas d'importance.
Pendant un instant ton cerveau s'arrête de fonctionner, tu ne penses plus à rien. Quelques seconde. Quelques fractions de secondes. Et puis tu détaches ta ceinture, ouvre la portière et pars, pars en courant. A travers bois. Ce n'est pas évident, de courir dans la forêt, quand il y a une couche de neige d'un mètre de haut par dessus l'herbe, par dessus les buissons. Mais c'est tellement agréable de sentir la fraicheur de l'air dans tes poumons, l'humidité glaciale de la neige sur tes mains, sur ta peau à travers tes vêtements. Tu tombes, plusieurs fois. Mais tu te relèves, et tu traverses la forêt, jusqu'au lac. Il est gelé, gelé comme tous les lacs du grand Nord à cette période de l'année. Tu inspires, profondément. Observes l'immense étendue de la nature autour de toi. Où que tu regardes, tu ne peut voir aucune trace de l'existence de l'homme. Mais tu sais que derrière toi, derrière la colline, se trouve la nationale. Et que sur cette nationale est garée une voiture. Dans laquelle tu devrais être, mais dans laquelle tu n'es pas. La voiture n'a pas redémarré. Si cela avait été le cas, tu l'aurais entendue...l'air est tellement calme ici, que le bruit que fait une voiture qui roule porte loin, très loin, à plusieurs kilomètres à la ronde. Personne ne passe jamais sur cette nationale qui conduit au bout du pays si ce n'est au bout du monde, ou tout au plus douze voitures par jours. Silence, le silence est absolu dans cette vallée éclairée d'une lumière blanche. Tu inspires à plein poumons, tu fais quelques pas sur le lac. Sur la glace. Au début, tu as peur que tes cinquante kilos la fassent se briser, et puis tu prends confiance. Tu réalises que la couche de glace est surement très épaisse. Alors tu cours, pour le plaisir de courir. Tu exploses de rire, sans savoir pourquoi. Les autres doivent être entrain de te chercher, mais cela n'a plus aucune importance. Tu t'allonges sur la glace, bras et jambes écartés. L'immensité de la nature t'émerveilles. Un instant tes yeux observent le bleu profond du ciel. D'une pureté incroyable. A tel point que tu doutes qu'on en trouve une semblable ailleurs. Puis tu fermes les yeux. Allongé en pleine nature, détaché de tous les problèmes humains, sans souci aucun de ce qui se passera après ce moment. Soupir. Tu voudrais pouvoir rester comme ça longtemps, très longtemps. Et pour la première fois depuis plusieurs semaines, tu t'endors sans faire le moindre effort, sans même t'en rendre compte. L'air froid rentre et sors de tes poumons, t'épure à l'intérieur. Le silence ambiant te pénètre de tous côtés. Traverse chaque pore de ta peau. La nature devient toi, tu devient la nature. Pour la première fois tu atteins cet état particulier appelé " synesthésie ".
Déposer sur ce lac gelé un piano à queue, et y jouer la Fantaisie en Ré mineur de Mozart...cette idée s'est s'immisce dans ton esprit, pour ne plus en sortir...l'acoustique serait merveilleuse, ce serait artistiquement fascinant. Briser ce silence pendant quelques minutes, pour glisser un morceau dans l'air, le jouer avec ton c½ur. Offrir ce morceau en cadeau à la nature qui régit ces lieux. Ainsi tu pourrais à ton tour lui apporter quelque chose, et la rencontre serait alors réellement mutuelle, chacun aurait offert quelque chose à l'autre. Dans cet univers réel mais si décalé par rapport à celui de notre quotidien qu'il semble être l'objet d'un rêve, introduire un piano et y jouer un morceau renforcerait cet aspect quasi-surnaturel. La poésie du lieu serait, l'espace de quelques instant, renforcée..
La paix intérieure la plus absolue t'envahit, ton esprit se vide.
Tu dors mais tes sens sont éveillés, tu sens la brise glacée caresser ton visage, tes vêtements s'imprégner de l'humidité, le silence faire vibrer tes tympans tant il est profond, l'odeur de la neige et des buissons de bruyère chatouiller tes narines -car aussi surprenant soit-il, la neige a une odeur. Et puis cette lumière, magnifique, que tu n'as jamais vue ailleurs que là bas. Dans cet endroit où l'homme est absent et où tout respire l'harmonie, le calme, la sérénité. Cette harmonie ambiante atteint ton esprit, et en toi même tu te sens apaisé de tout, comme si maintenant que tu avais fait cette rencontre plus rien de grave ne pourrait t'arriver. Car cet instant passé au c½ur de cette vallée indomptée peut réellement être qualifié de rencontre entre toi et ce lieu magique qui t'as accueilli en son sein quelques heures durant.
Tu te lèves et lentement te diriges vers la nationale, où l'on t'attend pour repartir. Tu regrettes de quitter cet endroit où tu sais que tu ne reviendras plus, mais dans le fond cela n'a pas d'importance, car désormais il est profondément ancré dans tout ton être. Quelque chose a changé en toi, non pas dans ta nature profonde, mais...quelque chose, d'indescriptible. Tout en étant toujours toi tu n'es plus le même, et ne le seras plus jamais. Après une telle expérience...

I.
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# Posté le samedi 21 novembre 2009 12:56

Un rêve, deux rêves, trois rêves...un film, deux films, trois films...

Un rêve, deux rêves, trois rêves...un film, deux films, trois films...
Avoir un chez moi, rien qu'à moi.

Être indépendante et autonome, sur tous les plans.

Jouer du piano, sur un piano qui soit le mien.

Retourner en Islande, et en Suède.

Manger des macarons de chez Ladurée avec Alice et Aurélie.

Travailler.

Vivre en cohabitation avec un chat.

M'allonger dans la neige.

Aller au Louvre avec Aurélie.

Voir Jesus on Extasy en concert.

Ecrire.

Passer une semaine à Berlin.

Ouvrir un Piano-bar-restaurant.

Recevoir une lettre de C.

Être flamboyante le jour de l'audition.

Relire Demain dans la bataille pense à moi.

Faire pousser des perces neige sur le rebord de ma fenêtre.

Habiter avec L.

La prendre dans mes bras et ne plus la lâcher.

(Laisser M. jouer dans mon piano-bar.)

Faire des rochers à la noix de coco.

Donner une part de tarte aux voisins.

Faire un test de grossesse.

Être acceptée en BTS hôtellerie-restauration.

Jouer une pièce de théâtre.

Me raser les cheveux.

Manger des petits pois grillés aux épices et des bonbons du lapin blanc.

Aller à l'Opéra de Paris et manger des ramens.

Laisser délicatement tomber l'ordinateur par la fenêtre du troisième étage.

Être dans un état critique.

Me vautrer dans la misanthropie.

Boire du thé avec du citron vert pressé dedans.

Faire du tri dans mes relations.




"Faites que le rêve dévore votre vie afin que la vie ne dévore pas votre rêve."
"Le rêve est la nourriture de l'âme comme les aliments sont la nourriture du corps."

I.

# Posté le samedi 21 novembre 2009 15:33